Il y a déjà trois mois que l’édition Eurosatory 2026 s’est achevée. C’est le plus grand salon de la défense. Je n’avais pas encore pris le temps d’y revenir avec vous. Le moment est venu de poser les choses, car ce que nous y avons vu a confirmé une conviction.
C’était une première pour moi : un salon de cette envergure, dans cet univers. Cela faisait déjà quelque temps que nous travaillions sur des projets liés à la défense. Y aller avec ATLAS et INOVA, c’était un autre niveau.
Notre objectif était simple : rencontrer les nombreux acteurs du secteur et comprendre les besoins technologiques d’aujourd’hui et de demain.

D’où vient Eurosatory
Avant 1967, l’armée de terre présentait déjà ses matériels une fois par an, au camp de Satory, près de Versailles. Une journée était réservée aux attachés militaires étrangers. Cette année-là, la Délégation générale pour l’armement et la SOFMA en font un vrai salon : une trentaine d’industriels, trois jours, sur le camp. L’essai est repris tous les deux ans. Les éditions s’appellent encore SATORY.
En 1992, le salon devient européen et prend le nom d’Eurosatory. Il quitte le camp pour le parc des expositions du Bourget. En 2000, il s’ouvre au monde entier, sur la défense terrestre et aéroterrestre. Depuis 2002, il se tient à Paris-Nord Villepinte. Il est organisé par le COGES, filiale du GICAT, le groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres.
L’édition 2020 est annulée à cause du Covid. Celle de 2022 rouvre les portes. En 2024, le salon dépasse les 2 000 exposants et les 76 000 visites. L’édition 2026, du 15 au 19 juin, est la plus grande à ce jour : plus de 2 300 exposants venus de 66 pays, et 42 pavillons nationaux. C’est dans ce cadre-là que nous sommes arrivés.
La découverte
Ce qui nous a frappés en premier, c’est le nombre de personnes présentes. Des partenaires, des délégations, des entreprises, des troupes, des lobbyistes, toutes les branches de l’armée, et jusqu’aux services secrets de nombreux pays.
Les pays eux-mêmes étaient là en nombre. L’Italie, la Suède, et bien sûr les États-Unis. Quatre énormes pôles, des milliers de personnes, et autant d’opportunités probables.
Les stands montraient des innovations et des produits dans toutes les branches : la défense, l’attaque, la surveillance, les drones, les satellites, les missiles. Nous ne savions plus où regarder.
Trois jours de rencontres
Trois jours de rencontres avec de nombreuses entreprises et délégations, venues du monde entier. Des industriels historiques aux plus jeunes startups, tous partagent le même constat : la technologie est devenue un enjeu stratégique, et la souveraineté n’est plus une option.
Je tiens à remercier tout particulièrement la Direction générale de l’armement, qui a pris le temps de nous présenter des innovations exceptionnelles, déjà intégrées aux armées françaises.
Quand la technologie se met au service de l’humain
Je citerai les nouvelles lunettes légères destinées aux mécaniciens. Elles affichent les plans et la marche à suivre en trois dimensions, directement devant les yeux. Nous les avons testées. C’est extrêmement impressionnant.
Ce qui nous a frappés, au-delà de la prouesse technique, c’est leur logique : la technologie ne remplace pas le mécanicien, elle l’augmente. Elle met la bonne information au bon endroit, au bon moment, pour que l’humain reste au centre de la décision. C’est exactement la vision que nous défendons chez INOVA.
Et cela donne des idées d’applications bien au-delà de l’atelier : la maintenance industrielle, la formation des techniciens, l’accompagnement des équipes sur le terrain, la santé. Partout où une personne doit agir vite, sans erreur, avec la bonne information sous les yeux.
L’OSINT et les drones, au centre de toutes les attentions
Nous avons aussi croisé beaucoup de petites startups dans l’OSINT, le renseignement en sources ouvertes. Avec les drones, l’attaque, la défense et l’interception, c’est l’une des branches les plus représentées du salon.
Ces jeunes entreprises montrent une chose : l’innovation de défense ne vient plus seulement des grands groupes. Elle naît aussi d’équipes agiles, capables de traiter des volumes massifs de données et de transformer l’information en décision. Un terrain où le logiciel, la donnée et l’IA jouent désormais un rôle central.
Le moment pour ATLAS
Trois jours et 60 000 pas plus tard, la conclusion s’est imposée d’elle-même. Le projet ATLAS n’a jamais eu autant sa place sur ce marché de la défense en pleine expansion, porté par une demande inédite et par un besoin réel d’acteurs et de technologies souveraines françaises.
Partout dans les allées, le même constat revenait : la France et l’Europe ont besoin de reprendre la maîtrise de leurs technologies. Les logiciels, les données et l’intelligence artificielle sont devenus aussi stratégiques que les équipements eux-mêmes. Dépendre de solutions conçues ailleurs, c’est exposer ses institutions, ses données et sa liberté de décision.
C’est précisément pour répondre à ce besoin qu’est né ATLAS. Notre ambition : maîtriser les technologies pour protéger les institutions, les libertés et l’indépendance. ATLAS sera un laboratoire d’invention, capable de concevoir des technologies propres et de répondre aux besoins les plus exigeants de l’État, de l’Europe et de la défense, là où un véritable travail de laboratoire est nécessaire.
Ce que nous avons vu à Eurosatory nous conforte dans notre approche. Les innovations les plus marquantes n’étaient pas toujours les plus spectaculaires, mais celles qui mettaient la technologie au service de l’humain, sur le terrain. C’est la philosophie qui guide déjà INOVA, et que nous voulons porter plus loin avec ATLAS.
Nous repartons d’Eurosatory avec des contacts, des pistes de contrats et de partenariats, des idées, et une conviction renforcée : il est temps de construire, en France, les technologies dont nous aurons besoin demain.
Il est temps de construire, en France, les technologies dont nous aurons besoin demain.
L’aventure ATLAS ne fait que commencer. Nous vous la raconterons ici, étape par étape.
